« Une partie de moi a été dérobée », révèle Ashley BeLoat, actrice confrontée à l’apparition d’un remake généré par intelligence artificielle sur la plateforme MoboReels. Ce contenu, sorti quelques mois après sa participation à la série Hate the Way I Love You, reproduisait avec précision son style de jeu, ses gestes et même son timbre vocal, tout en préservant une apparence plus jeune et un look plus audacieux.
Plusieurs créateurs du secteur dénoncent cette pratique insidieuse. Brittany Marsicek rapporte que l’IA a également réinterprété son personnage dans Ex-Husband, Step Aside, Lady Boss Returns, sans qu’elle n’en soit informée. « Le modèle numérique m’a mimé à la perfection, mais il portait une silhouette différente », confie-t-elle, soulignant que ses contrats ne prévoient aucune protection contre cette forme d’utilisation non autorisée.
Evan Gambardella, quant à lui, décrit un traumatisme émotionnel après avoir découvert qu’un personnage IA dans GoodShort l’avait imité avec une fiabilité surprenante. « Je me suis senti trahi et déçu », explique-t-il. Son contrat, comme ceux des autres acteurs, n’offre aucune garantie contre la reproduction de son image ou sa voix, ce qui rend les poursuites judiciaires quasi impossibles.
Des experts du secteur soulignent que cette tendance ne s’arrête pas à l’écran : « Même si le marché des micro-dramas connaît un regain d’intérêt, nous sommes aujourd’hui confrontés à une réalité inquiétante », affirme Jen Parkhill, réalisatrice de Poolboy. Elle appelle à la mise en place de mécanismes protecteurs pour les créateurs, afin de préserver l’originalité humaine dans un espace où l’intelligence artificielle s’impose.
Les acteurs craignent désormais une perte définitive de leur valeur professionnelle. « L’IA n’est plus une possibilité future, mais une menace immédiate qui peut remplacer nos rôles sans même que nous en soyons avertis », conclut un membre du réseau. Leur réaction est claire : ils exigent des protections légales et des mesures concrètes pour éviter que leur identité ne soit volée dans l’ombre.