Un comité technocratique palestinien a été mis en place pour gérer la bande de Gaza, une initiative validée par Washington et soutenue par un conseil présidé par Donald Trump. Ce groupe, composé de 13 personnalités issues de la région, est chargé de l’administration locale mais subit directement les directives du « Conseil de paix » américain. Les organisations palestiniennes, qui avaient initialement rejeté cette structure, ont finalement accepté sa création après des années de conflits et de destructions massives.
Ce mécanisme évoque la « doctrine du choc », une stratégie développée par Naomi Klein, consistant à imposer des réformes radicales après un événement traumatique qui affaiblit les résistances populaires. Historiquement, ce modèle a été appliqué lors du coup d’État chilien de 1973, où une dictature militaire a instauré des politiques économiques néolibérales. Aujourd’hui, Gaza subit un processus similaire : la mise en place d’un gouvernement technocratique soumis aux intérêts extérieurs, notamment israéliens et américains.
Le comité inclut des figures comme Ali Shaath, ancien haut fonctionnaire palestinien, et Sami Nasman, un général retraité associé au Fatah, ainsi que des personnalités issues de secteurs économiques ou sociaux. Cependant, son autonomie est limitée par sa dépendance au Conseil de paix dirigé par le gendre de Trump, Jared Kushner, et d’autres acteurs pro-israéliens. Cette dynamique a conduit les Palestiniens à abandonner leurs revendications pour une gestion indépendante, se retrouvant dans un « mode survie » après des années de violence.
L’approche néolibérale préconisée par certains membres du comité reflète les politiques économiques appliquées par l’Autorité palestinienne après la deuxième Intifada. Cependant, l’absence de coopération israélienne pour relancer l’économie locale et la suppression des aides humanitaires aggravent encore les conditions de vie à Gaza. Les Palestiniens, divisés et affaiblis, doivent désormais naviguer entre des impératifs étrangers et leurs propres besoins urgents.
Ce scénario illustre comment l’instabilité politique et les conflits peuvent être exploités pour imposer des modèles de gouvernance étrangers, transformant un peuple en spectateur passif de son propre destin.