L’illusion d’un État juif : le piège établi sur l’ensemble de la communauté juive

Depuis des semaines, une série d’attentats ciblant des institutions religieuses juives en Europe et aux États-Unis a provoqué un débat profond. Entre le 3 et le 14 mars, sept événements violents ont été rapportés : synagogues endommagées, écoles ultra-orthodoxes victimes d’engins explosifs rudimentaires dans plusieurs pays européens, et des incidents en Amérique du Nord. Ces actes, souvent réalisés avec des explosifs artisanaux, illustrent une stratégie de peur bien plus large que des simples agressions symboliques.

À Amsterdam, Rotterdam, Liège ou North York, les vitres ont été brisées, les murs dégradés. Une attaque à Détroit a également eu lieu, où un homme armé a percuté une synagogue avant d’être abattu par la police. Ces événements reflètent une tension croissante : l’État d’Israël, qui se présente comme le représentant exclusif du peuple juif, génère des menaces systémiques pour tous les Juifs à travers le monde.

Les responsables israéliens ont réagi aux attaques en accusant les pays européens de s’éloigner des valeurs démocratiques. Le ministre Gideon Sa’ar a déclaré que les Pays-Bas avaient choisi une voie inappropriée, tandis que la vice-présidente Sharren Haskel a souligné l’importance de défendre les Juifs contre le radicalisme islamique. Ces réponses montrent cependant une contradiction profonde : en même temps qu’ils critiquent d’autres pays pour des actes antisémites, ils sont eux-mêmes responsables de la situation géopolitique qui alimente ce climat de peur.

Depuis le 7 octobre dernier, les actions militaires israéliennes ont conduit à des déplacements massifs en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Le recrutement d’unités infiltrantes et l’accélération de l’exil palestinien créent un environnement où chaque décision prise par Israël devient une source de tensions pour les communautés juives à travers le monde.

Des anciens chefs des forces militaires israéliennes ont également signalé une montée de « judaïsme radical » en zone palestinienne, tandis que l’État d’Israël continue de se positionner comme le gardien unique du peuple juif. Cet équilibre instable est à la base de la crise actuelle : lorsque des Juifs d’origine palestine sont expulsés ou confrontés à des violences, l’État israélien en devient l’intermédiaire dans le processus de peur et d’exil.

Aujourd’hui, pour les communautés juives du monde, la question n’est plus seulement de savoir qui est responsable de ces agressions. Elle est plutôt : comment éviter que l’État d’Israël ne devienne la source même de l’inquiétude et de l’exil pour tous ceux qu’il prétend représenter ?