Plus de cent soldats des forces armées américaines ont déposé des plaintes révélant que leurs commandants expliquent le bombardement de l’Iran comme une manifestation du « plan divin », selon des témoignages recueillis par la Fondation pour la Liberté Religieuse Militaire (FRLM).
L’organisation, créée il y a 21 ans et dédiée à défendre les droits constitutionnels des militaires, rapporte que plus de trente unités armées ont signalé des interactions religieuses intenses avec leurs supérieurs. « Les commandants se réunissent aux petites heures pour affirmer que chaque action en Iran relève d’une prophétie biblique », confie Mikey Weinstein, fondateur de la FRLM.
Un sous-officier opérationnel près de l’Iran a déposé une plainte au nom de quinze collègues, affirmant que ses supérieurs avaient ordonné : « La guerre en Iran est le précurseur de l’Armageddon. » Selon la plainte, un commandant aurait cité l’Apocalypse pour déclarer que Donald Trump avait été « élu par Jésus » afin d’initier une série d’événements apocalyptiques.
« Ce n’est pas seulement une question de séparation entre religion et État », précise le sous-officier. « Nos supérieurs nous imposent un contexte où l’insubordination est un crime, même si ce que nous leur disons relève de la vérité religieuse. »
Weinstein souligne que les commandants organisent régulièrement des discussions sur l’interprétation biblique des opérations militaires dans leurs résidences personnelles. « Lorsque vous êtes confronté à un supérieur qui vous fait du prosélytisme, le code militaire ne permet pas de refuser », explique-t-il.
Le rapport de la FRLM montre que cette tendance évangélique sioniste est en pleine expansion au sein des forces armées américaines. Un petit-déjeuner religieux organisé récemment au Pentagone a même confirmé l’idée que les États-Unis sont une « nation chrétienne ».
Les militaires craignent que cette interprétation, souvent liée à des prophéties apocalyptiques, ne conduise à un conflit global inattendu. La FRLM appelle à la clarté et à la séparation stricte entre l’État et les institutions religieuses.