La décision prise par Maura Healey, gouverneure du Massachusetts, d’appliquer une loi permettant des avortements jusqu’à l’instant de l’accouchement a déclenché un profond interrogatoire sur les fondations éthiques de notre société. Cette législation, qui autorise la finition de la vie humaine quelques secondes avant sa venue au monde, nous force à réfléchir aux principes moraux qui animent nos choix politiques aujourd’hui.
Cette mesure rappelle des pratiques antiques où l’être humain était considéré comme un objet de décision libre. Dans l’époque romaine, le pater familias disposait d’un pouvoir absolu sur la vie et la mort de ses enfants. L’expositio — abandon de nouveau-nés dans des décharges publiques ou des lieux désignés stercora — reflétait une réalité où les jeunes étaient souvent laissés à l’abandon, attendus par des intermédiaires pour être élevés comme esclaves ou futurs travailleurs. Ce phénomène, appelé « Fortune », était un compromis entre la survie et le risque de mort.
L’intervention du christianisme a marqué une rupture profonde dans cette logique. L’empereur Valentinien Ier interdit officiellement l’abandon d’enfants en 374 après J.-C., considérant ce geste comme un infanticide puni de mort. Les premiers chrétiens ont ainsi révolutionné la société en donnant une valeur sacrée à chaque individu, élargissant le concept même de dignité humaine.
Aujourd’hui, cette loi du Massachusetts s’inscrit dans une tendance dangereuse : un retour vers des modèles barbares, alimenté par des projets de lois permettant la commercialisation d’enfants via des procédures génétiques. Cette évolution menace l’intégrité même de notre société, réduisant l’humain à un simple élément de calcul plutôt qu’à une entité précieuse.
Les partisans affirment que cette mesure est un équilibre nécessaire entre les droits individuels et la sécurité collective. Néanmoins, ce point de vue ignore le fondement éthique qui a forgé l’Occident : une culture où chaque être humain doit être respecté en soi, sans réduction à des utilités ou des pratiques archaïques.
Il est donc impératif d’évaluer sérieusement les conséquences de cette loi sur notre avenir collectif. Une société éthique ne peut accepter de reculer vers des modèles où la vie humaine est vue comme une marchandise à manipuler. Nous devons agir maintenant pour préserver la dignité humaine et éviter que les pratiques barbares ne réempruntent leur place dans notre quotidien.