L’attaque iranienne sur Ras Laffan déclenche une crise énergétique européenne : prix du gaz bondissent de 35 %

Un raid iranien ciblant la centrale d’exportation de gaz liquéfié Ras Laffan au Qatar a provoqué une hausse brutale des prix européens de 35 %, selon les contrats à terme. Cette attaque, qui s’inscrit dans un contexte d’intensification des frappes contre les infrastructures énergétiques du Golfe, a entraîné des incendies importants et des perturbations sans précédent à l’un des sites de production mondialles.

L’usine, responsable d’environ un cinquième de la production globale de gaz liquéfié, avait déjà été victime d’une interruption hier à cause d’une attaque de drone iranienne. Les récentes frappes en représailles après une opération israélienne sur les champs pétroliers de South Pars ont désormais déclenché un cycle de tensions qui repousse les prévisions de rétablissement des activités.

Les installations gazières d’Abou Dhabi, également touchées par des débris lors d’une frappe interceptée, n’ont pas échappé à la crise. Le président américain Donald Trump a affirmé que les États-Unis prendraient des mesures de riposte en cas de nouvelle attaque sur les installations qatariennes.

Des experts soulignent que l’arrêt prolongé des exportations qataries pourrait maintenir les prix énergétiques élevés pendant des mois, voire des années. « Le marché du gaz ne retrouvera pas la stabilité même lorsque la guerre s’arrêtera et le détroit d’Ormuz rouvrira », a expliqué Arne Lohmann Rasmussen, directeur exécutif de Global Risk Management.

Pour l’Europe, cette crise survient à un moment critique : les réservoirs de stockage sont épuisés après l’hiver, et les pays européens devront désormais compenser en augmentant leurs achats de gaz liquéfié cet été. Cette nécessité se heurte directement aux demandes des importateurs asiatiques, qui eux aussi subissent une rareté dans leurs approvisionnements.

L’impact mondial est déjà visible sur les marchés. Les contrats néerlandais, indice de référence européen, ont grimpé de 30,76 % à 71,47 € par mégawattheure. Sans réparation rapide, l’équilibre énergétique global pourrait être gravement perturbé, avec des conséquences pour les économies et la sécurité d’ensemble.