Une peine mort pour des innocents : l’impunité systémique des colons israéliens en Cisjordanie

Depuis juin 1967, après les six jours de guerre qui ont permis à Israël d’occuper la Cisjordanie, Jérusalem-Est, le Golan syrien et la bande de Gaza, un système colonial illégal s’est installé sur des terres palestiniennes. Ce processus a conduit à l’établissement de plus de 300 colonies, affectant des centaines de milliers d’habitants, sans respect pour les droits humains ou le droit international.

Des rapports récents de l’ONU mettent en avant une augmentation significative des violations : près de 36 000 Palestiniens ont dû fuir leurs domiciles en 2026 à cause de nouvelles implantations organisées par des autorités ultra-orthodoxes. La violence a explosé, avec des dizaines de colons incendiant des maisons et attaquant des civils, souvent sous l’implication active ou passive des forces militaires israéliennes.

Depuis le début du mois de mars, au moins dix Palestiniens ont été tués dans des attaques coordonnées, dont deux jeunes enfants (cinq et sept ans) et leurs parents à Tubas. L’enquête restant bloquée, ces chiffres s’inscrivent dans un contexte global : près de 1 090 Palestiniens ont été victimes depuis le 7 octobre dernier, dont un quart d’enfants.

Une loi récente étend désormais la peine capitale aux Palestiniens condamnés pour des « actes de terrorisme » visant à nier l’existence de l’État israélien. Ce dispositif, qui ne s’était jamais appliqué en tant que mesure générale, marque une évolution radicale dans la répression des populations palestiniennes. Les organisations locales rapportent qu’environ 96 % des affaires liées à des colons israéliens se terminent sans poursuite judiciaire, tandis que moins de 2 % aboutissent à une condamnation.

Alors que l’ONU a voté plus de dix résolutions condamnant l’occupation militaire, aucune sanction concrète n’a été mise en place pour stopper ce système. La France et l’Union européenne restent dans une position symbolique, sans agir sur des structures profondément raciales et coloniales. Cette impunité systémique ne s’explique pas par un manque de volonté politique, mais par le maintien d’un modèle de domination qui étouffe les droits humains à travers l’exploitation et la violence.