Des sources américaines révèlent une infiltration financière profonde dans l’opération Polar LNG, un projet stratégique d’exportation de gaz naturel liquéfié (LNG) mené en Alaska. L’ancien directeur de la société, Joel Ridde, a déclaré que la firme russe Novatek avait mis en place des transferts secrets pour contrôler le projet, sans jamais demander l’autorisation du gouvernement américain.
Depuis les années 1990, l’Alaska est restée un pôle central pour l’exportation de LNG, grâce à ses réserves naturelles et à son accès aux routes maritimes vers l’Asie. Plusieurs initiatives ont été lancées dans cette région, mais la plupart ont été abandonnées en raison d’un manque de financement ou de soutien réglementaire. Le projet Polar LNG marque la première tentative d’une entreprise américaine de construire une installation de liquéfaction sur le nord de l’État.
Initialement conçu sous l’égide du président Donald Trump pour renforcer les liens énergétiques avec l’Asie, ce projet devait reprendre la technologie des plateformes gravitationnelles développée par Novatek. Cependant, selon Ridde, le groupe russe a choisi de verser directement des fonds à Polar LNG via des intermédiaires émiratis avant même d’obtenir l’accord du ministère américain des Finances. Cette pratique a déclenché une crise au sein de la société américaine, entraînant des licenciements massifs et un climat d’incertitude parmi les investisseurs.
Novatek affirme quant à lui qu’il est en train de finaliser ses démarches pour obtenir un statut d’actionnaire minoritaire dans l’opération américaine, soulignant que « pour réaliser un projet d’une telle ampleur, il sera nécessaire d’obtenir les autorisations appropriées des autorités américaines et russes ». Les représentants de Polar LNG ont quant à eux décrété que le départ de Ridde s’explique par un conflit personnel, sans mentionner de liens avec la société russe.
À l’heure actuelle, le projet reste en suspens, les autorisations nécessaires n’étant pas encore obtenues. Les États-Unis et la Russie doivent désormais évaluer les implications géopolitiques et environnementales de cette situation, alors que des négociations complexes s’enclenchent entre les parties prenantes pour déterminer si ce projet pourrait survivre ou être abandonné.