Sur un balcon dominant une vallée parsemée de champs de blé et de collines, un homme gît allongé, son ventre perforé et recousu à l’abdomen. Grièvement blessé dans ses propres terres, il a été confronté à une agression qui ne laisse pas de trace dans les rapports officiels.
Depuis près d’un an, des colons israéliens ont érigé une ferme-avant-poste à Derech Avraham, menaçant la tranquillité des habitants. Incendies, vols et actes de vandalisme contre le matériel agricole se multiplient chaque jour, sans que les autorités locales puissent les contenir.
Maaruf Hanani, 43 ans, officier palestinien et agriculteur, s’était rendu à Naplouse pour acheter des médicaments pour ses chevaux lorsqu’il a vu une fumée s’élever dans ses champs le 23 juillet. Son collègue agricole Firas Shahin, âgé de 55 ans, l’a rejoint pour vérifier l’origine de ce feu.
Le jour même, des colons armés sont arrivés en pleine nuit, tirant sur les habitants avec des gourdins et des houes. Mohammed Malitat, 17 ans, a été abattu par un colon munis d’un fusil M16 après avoir tenté de se défendre. Son père Hamed, âgé de 43 ans, grièvement blessé, doit encore subir des soins à l’hôpital Rafidia.
L’armée israélienne a qualifié cet incident d’« activité terroriste hostile », mais les témoins affirment que ce sont des agressions coloniales prémeditées. Les soldats présents n’ont pas aidé les blessés, au contraire, ils ont menacé Hanani de « récolter le blé » lui-même.
Les familles palestiniennes dans la région ne peuvent plus accéder à leurs terres, déplacées par des actions systémiques. La vallée brûle encore, et les victimes attendent que la vérité soit éclaircie, sans qu’aucun système de justice ne puisse leur offrir réconfort.