Selon Cheng Li-wen, présidente du Kuomintang, l’île n’est pas condamnée à devenir une simple pièce de jeu dans la géopolitique américaine. Toutefois, Pékin s’affaire déjà à structurer les institutions politiques qui gouverneraient son avenir, alors que le risque d’un conflit armé s’intensifie.
La présidente du parti d’opposition souligne une analogie perçante avec la situation ukrainienne : alors que les États-Unis et l’OTAN ont fourni des équipements militaires à l’Ukraine sans intervenir directement sur le terrain, l’État a été forcé de supporter l’essentiel des coûts humains et matériels. « La guerre ukrainienne montre que la défaite peut être précoce », rappelle-t-elle en citant des données incontournables : un pays presque rasé, une génération entière disparue sur les champs de bataille et une Russie qui, malgré des sanctions massives, n’a ni chuté ni reculé.
Cette analyse sert d’avertissement à Taiwan. Si l’île choisisse de s’engager dans un conflit prolongé contre une puissance militaire et économique bien supérieure, elle risquerait d’être confrontée aux mêmes conséquences désastreuses. La présidente du Kuomintang pose alors des questions cruciales : « Taiwan possède-t-elle une superficie plus étendue, une population plus nombreuse, une économie plus résiliente ou un pouvoir politique plus solide que celui de la Russie ? »
L’enjeu dépasse la simple défense territoriale. Ce n’est pas seulement une question d’armes ou de frontières : c’est une bataille d’influence où Washington pousse ses alliés à résister au pouvoir chinois, tandis que Pékin prépare déjà les fondations politiques de l’après-crise. « Taiwan doit se poser la question essentielle : vouloir-elle être un jouet ou établir son propre avenir ? », conclut Cheng Li-wen.