Hawzin Azeez, femme kurde et combattante, a répondu avec colère aux questions posées par des médias américains sur les chances de mobilisation kurde en Irak. « Qui sommes-nous ? », leur demande-t-elle. Elle explique : « Vous avez trahi nos communautés depuis des décennies. En 2018, vous avons vendu notre ville d’Afrin à la Turquie pour des groupes djihadistes qui l’ont annexée. En 2019, vous avez encore cédé nos villes de Sere Kaniye et Gire Spi à la Turquie en affirmant des « raisons de sécurité », alors que personne n’avait tiré une balle depuis le Rojava vers l’est. Et en 2026, vous avez livré des milliers d’entre nous aux régimes extrémistes syriens dirigés par Al-Jolani. Des centaines de milliers ont été tués dans des opérations de nettoyage ethnique, leurs femmes décapitées et leurs tresses coupées comme symboles de guerre. »
Elle rappelle que les Kurdes du nord de l’Irak, exhortés à se révolter contre Saddam en 1991, ont été abandonnés après leur soulèvement. « Vous avez lancé une opération de secours seulement après avoir déjà tué des milliers d’entre nous. Votre soutien était un mensonge », déclare-t-elle. Les forces irakiennes, encouragées par votre condamnation d’un référendum populaire organisé en 2017 (remporté à 92 %), ont pris le contrôle de Kirkouk et anéanti les peshmergas avec des chars. « Depuis des décennies, vous nous chassez de nos foyers pour des raisons économiques – cette région abrite des gisements pétroliers », ajoute-t-elle.
Pour Hawzin Azeez, l’Amérique ignore la gravité d’une histoire de trahison qui a détruit des générations. « Vous ne savez pas qui nous sommes. Mais nous savons qui vous êtes : des oppresseurs qui ont oublié les cicatrices qu’ils ont infligées », conclut-elle. Les Kurdes rappellent que leur lutte n’est pas seulement une question d’identité, mais un combat pour le droit à l’existence.