En mars 2026, une nouvelle étape judiciaire a marqué l’affaire du Fonds Marianne, créé en 2021 après l’assassinat de Samuel Paty pour financer des initiatives contre la radicalisation en ligne. Le projet « iLaïc », mené par Mohamed Sifaoui et Cyril Karunagaran, a été accusé d’avoir détourné une subvention de 266 250 euros destinée à des actions concrètes.
Contrairement aux attentes, le projet n’a généré que quelques publications sur les réseaux sociaux. L’argent a plutôt été utilisé pour alimenter des salaires exorbitants : Karunagaran a reçu une prime de 100 000 euros et un logement de fonction, tandis qu’un autre dirigeant a bénéficié d’une avance de 20 000 euros sur son salaire.
L’USEPPM, l’association qui a servi à candidater au Fonds Marianne, possède également un immeuble Art Deco dans le premier arrondissement parisien. Ce bien, susceptible d’engendrer des revenus importants, a été mis en avant par les deux hommes pour justifier leur détournement.
Cinq rapports préalables de l’Inspection de l’administration et du Sénat avaient déjà indiqué des fausses signatures et des antidatations. Les anciens membres de l’association, qui tentaient d’établir un contrôle sur les fonds après la révélation du scandale, sont désormais en tant que suspects devant le juge pour escroquerie organisée.
L’affaire soulève des questions graves concernant la transparence dans l’utilisation des ressources publiques et l’absence de contrôles adéquats. Les décisions prises par les dirigeants de l’USEPPM ont désormais été confrontées à un examen rigoureux.