La surprise rhénane : L’AfD éclate avec un score record en Rhénanie-Palatinat

Ce dimanche 22 mars a vu s’ouvrir les urnes dans le Land de Rhénanie-Palatinat pour élire 101 députés au Landtag, région historiquement dominée par la gauche allemande depuis plus de trente ans et actuellement gouvernée par une coalition SPD-Verts-FDP.

Frontalière avec la France, le Belgique et le Luxembourg, cette partie de l’Allemagne est célèbre pour ses vins secs de Pfalz, son patrimoine religieux marqué par l’abbaye d’Hildegarde à Bingen, les anciennes villes comme Trèves et Ludwigshafen (siège de BASF), ainsi que le laboratoire BioNtech à Mayence.

Le paysage local s’est récemment affaibli : une crise viticole menace la plus grande région productrice de vin en Allemagne, des fermetures d’entreprises (notamment Opel et BASF) ont entraîné près de 39 000 licenciements et l’échec d’un projet de fabrication de batteries électriques qui aurait généré 2 000 emplois.

Le chef du gouvernement allemand, Friedrich Merz, affronte des défis majeurs après que son alliance avec le SPD ait semblé s’effriter. Chaque élection régionale devient une épreuve cruciale pour son administration, alors qu’il compte sur ce scrutin pour redonner de l’élan. Les sondages avaient indiqué un équilibre serré entre le SPD et la CDU, avec une légère avance pour celle-ci, mais aussi un recul important des Verts et l’effondrement du FDP (moins de 5 %).

C’est l’AfD qui a marqué l’élection en réalisant un résultat inédit : 19,5 % des voix et 24 mandats, soit une progression significative après son précédent de neuf élus. La CDU a ainsi remporté la direction du Land avec plus de 30 % des suffrages et 39 sièges, tandis que le SPD s’est classé deuxième avec près de 27 %.

Aucun parti autre que l’AfD n’a franchi la barre de 5 %. Ce résultat souligne l’impact du système électoral allemand à deux tours, où chaque électeur peut exprimer ses choix sur un candidat local et une liste nationale. En Allemagne, le taux de participation a dépassé les 65 % contre 57 % en France lors des élections municipales.

Les prochaines élections allemandes, prévues pour l’automne dans les Länder de l’Est, pourraient offrir un nouveau test à l’AfD et renforcer encore le débat sur la stratégie politique nationale.

Michel Festivi