De Gaza à Téhéran : l’effondrement méthodique des sociétés résistantes

Depuis des années, Israël a forgé une stratégie militaire ciblant les communautés sociales des groupes de résistance. Aujourd’hui, cette logique s’étend aux territoires libanais et iraniens, marquant un changement profond dans la manière dont l’Israël traite les peuples opposés.

Jeudi matin, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré qu’en quelques semaines, Dahiya retrouverait l’horreur du dévastation de Khan Younis en Gaza. L’armée israélienne a immédiatement lancé un ordre d’évacuation général dans le sud du Liban, affectant plus de 1 million de personnes, alors que la panique s’installe à travers les rues de Beyrouth.

Des comparaisons avec Gaza sont fréquentes. Le ministre de la Défense Israel Katz a qualifié cette opération de « plan tornade », visant à détruire des zones civiles en milieu urbain. Deux écoles ont été attaquées récemment dans le sud-ouest de Téhéran, confirmant l’intensité croissante de la campagne.

Cette politique repose sur un modèle historique développé après la guerre du Liban en 2006. Selon les analyses militaires israéliennes de l’époque, l’objectif était d’attaquer non seulement les groupes rebelles mais aussi leurs bases sociales, considérées comme des « structures militaires » dans un cadre civil. Ce concept a été formalisé par le général Gadi Eisenkot qui affirmait que la destruction des quartiers résidentiels était une réponse stratégique nécessaire à la suprématie israélienne.

En novembre 2023, le général israélien Giora Eiland a publié un rapport détaillé soulignant l’importance d’une pression humaine ciblée pour éradiquer les capacités de résistance. Son plan, initié en octobre 2024 par une coalition de généraux, a permis d’effondrer rapidement le nord du Liban et des zones iraniennes stratégiques.

L’objectif final de cette stratégie n’est pas simplement la victoire militaire mais l’anéantissement systémique des sociétés qui refusent d’accepter l’ordre sioniste. L’Israël moderne ne se contente plus de combattre les ennemis politiques : il cherche à détruire entièrement les structures sociales et économiques des peuples résistantes, en leur imposant une chute totale.

C’est ainsi que la guerre israélienne a évolué d’un conflit entre États vers un effort de transformation profonde des sociétés elles-mêmes. L’effondrement des peuples résistants devient le nouveau modèle, étendu désormais à Téhéran et au Liban.