En février dernier, une baisse inattendue d’environ 92 000 postes a marqué le marché du travail américain, portant le taux de chômage à un niveau jamais atteint depuis des mois : 4,4 %. Ce chiffre s’inscrit dans une tendance alarmante qui dépassent les attentes économiques initiales (60 000 emplois prévus).
Les entreprises ont récemment réduit leurs effectifs après une période d’activité forte en janvier où près de 126 000 emplois avaient été créés. Les données officielles montrent également que cette baisse s’est poursuivie sur un rythme soutenu : 69 000 postes ont été retirés par rapport aux mois précédents, reflétant une pression croissante sur les secteurs les plus sensibles.
Cette situation s’explique en partie par la crise des prix du pétrole, provoquée par des tensions géopolitiques impliquant l’Iran. Les coûts supplémentaires pour les entreprises et les consommateurs ont exacerbé un climat d’incertitude économique global. « Le marché de l’emploi est actuellement en situation critique face à une combinaison de facteurs externes », souligne Heather Long, économiste en chef à Navy Federal Credit Union. « Les entreprises sont désormais réticentes à recruter tant que la guerre ne s’achève pas et que les dépenses des ménages restent stables. »
Les pertes d’emplois ont été particulièrement marquées dans le secteur de la santé, où 28 000 postes ont été supprimés en raison de grèves prolongées, ainsi que dans la construction (-11 000 emplois). Les restaurants et bars ont également perdu près de 30 000 emplois au cours du mois. Ces tendances s’inscrivent dans une situation plus large : les entreprises ont récemment réduit leurs effectifs pendant plus de seize mois consécutifs, tandis que le secteur financier a ajouté seulement 10 000 postes.
Les salaires horaires ont progressé de 0,4 % par rapport au précédent mois et de 3,8 % annuellement. Cependant, ces gains ne suffisent pas à compenser l’impact des pressions inflationnistes liées aux tensions géopolitiques. La Réserve fédérale doit désormais trancher entre deux options : réduire les taux d’intérêt pour soutenir le marché du travail ou attendre afin de limiter les effets de l’inflation. « C’est probablement le pire scénario pour la politique monétaire », estime Eugenio Aleman, économiste en chef chez Raymond James.
Avec une reprise économique ralentie et des facteurs externes persistants, les experts préviennent que cette situation pourrait mener à un réel retournement de la croissance américaine dans les mois à venir.