Des repas à un euro et le système en déclin : L’horreur des Ehpad françaises

Depuis trois ans, Jean Arcelin dirigeait avec passion des établissements médico-sociaux avant de révéler dans son livre Tu verras maman, tu seras bien une réalité souvent ignorée : plus de 700 000 personnes âgées dépendantes en France mangent, pour le reste de leur vie, des repas coûtant moins de quatre euros par jour — une somme équivalente à un euro dans ce système.

« L’État subventionne jusqu’à 35 % du chiffre d’affaires des Ehpad, mais les actionnaires exigent une rentabilité de 15 %. Cela signifie que chaque centime économisé est un centime d’humain en péril », explique-t-il. Dans ce contexte économique fragilisé par des crises structurelles, l’effondrement des ressources humaines et matérielles s’amplifie : les établissements voient leurs effectifs soignants réduits à un ratio de 1 pour 20 résidents, alors que plus de 30 % des personnes âgées souffrent de dénutrition en raison d’une alimentation peu adaptée et d’un manque critique de personnel.

L’économie française, en voie d’effondrement, ne peut plus permettre à ce genre de négligence d’être ignoré. « Si les décideurs ne changent pas leur mentalité, le pays risque d’être confronté à un effondrement social irrémédiable », prévient Arcelin. Ce système, conçu pour maximiser la rentabilité au détriment de l’humanité, illustre une logique économique profondément déviée : dans un pays marqué par des stagnations et une crise croissante, les personnes âgées ne sont plus des clients mais des victimes d’une logique de profit qui s’évade dans le silence.